Temps de Lecture : 11 minutes

Découvre mon interview avec Jubylee, photographe et modèle amatrice. Son rapport à la photographie, aux réseaux sociaux et au voyage.

Pour cet épisode 38, je te présente Jubylee (@ju_bylee). Depuis 10 ans, elle fait de la photo en tant que modèle et depuis quelques années, elle est aussi passée derrière l’objectif.

Avant que je n’oublie, tu peux également découvrir mes interviews avec :

Prêt.e ?

Jubylee : interview à contre-courant

Présentation de Jubylee

Peux-tu te présenter en quelques lignes pour ceux ou celles qui ne te connaîtraient pas encore ?

Hello, je suis Jubylee.

J’ai choisi ce pseudo librement inspiré de l’univers Marvel. Je suis en Savoie. Je fais de la photo en tant que modèle depuis maintenant 10 ans et j’ai la chance d’avoir pu passer derrière l’objectif également depuis quelques années.

Présentation de Jubylee
Crédit : Jubylee

Ton rapport à la photographie

Peux-tu nous raconter comment tu as commencé à être modèle ?

Pour notre 1er anniversaire de mariage, mon mari m’a offert un shooting photo avec une photographe qu’on suivait depuis longtemps. L’idée était de marquer le coup, de prendre le temps de passer un week-end ensemble loin de la maison et de garder de bons souvenirs pour quand on sera vieux.

Cela m’a tellement plu que quelques mois après j’ai recommencé par le biais de collaborations.

Que ressens-tu quand tu es seule face à l’objectif ?

Un lâcher-prise, c’est peut-être un peu « cliché » comme expression, mais un grand sentiment de liberté. Je suis un peu la pâte à modeler au service du projet photo.

Son ressenti quand elle est seule face à l’objectif
Crédit : Jubylee

Que ressens-tu quand tu vois les photos de toi suite à un shooting ?

Je suis contente. On ne va pas se mentir, je ne fais pas cette activité avec un couteau sous la gorge 😊.

En général, le temps de recevoir les photos, je suis assez fébrile. J’ai hâte comme un enfant juste avant Noël ! J’adore voir quel rendu on a pu tirer du shooting avec le photographe.

Parfois, c’est moi que je n’aime pas sur les photos, mais ça, c’est une encore autre histoire !

Quel est ton rapport à ton corps ? À la nudité ?

Déjà, je ne suis pas quelqu’un de pudique. J’ai toujours eu un rapport naturel à la nudité. Je ne suis pas gênée par la nudité ni par le fait d’être en lingerie. Et c’est d’autant plus vrai en photo.

D’ailleurs, j’ai commencé en tant que modèle par du nu, ce qui est en général l’inverse d’un modèle débutant.

Avec mon corps, c’est un peu je t’aime moi non plus… Parfois, je l’aime et parfois, je le déteste. J’ai mis très longtemps à comprendre que c’était OK ces ressentis-là, que ça fait de nous des êtres humains et sensibles à part entière.

Jubylee
Citation sur son rapport à son corps

D’ailleurs, c’est un peu pareil, j’ai le même amour/désamour pour les portraits.

Le rapport à son corps de Jubylee
Crédit : Jubylee

Quelles sont tes limites en matière de photo ?

Je fais du :

  • Nu,
  • La lingerie,
  • L’érotique,
  • Porn-art,
  • Portrait (même si ça paraît étonnant !)…

En fait, les limites ne sont pas dans les thèmes photo. Elles se situent plus vis-à-vis de la personne que j’ai en face de moi :

Je ne fais pas tous les styles avec tout le monde, c’est une question de confiance et de connaissance du photographe en face. Ça peut évoluer bien entendu, comme toute relation humaine.

Jubylee
Citation sur les limites en matière de photo

Peux-tu nous décrire le déroulement d’un shooting ?

C’est une question un peu complexe, il y a autant de réponses que de types de shoot.

Ça dépend du thème, des thèmes, de la complexité de la mise en place des sets/lumières/etc., de ce qui est prévu, s’il y a des co-modèles et du photographe aussi bien entendu.

En règle générale, ça commence par un bon café (je suis caféinomane), et des cookies ou des M&M’s (on ne se refait pas pour ceux/celles qui me connaissent), un débrief de ce qu’on avait prévu, et de ce qu’il est possible de faire sur place. Et dans la bonne humeur, on n’est pas là chez le dentiste…

L’idée est d’arriver à faire quelques photos d’un même thème, et de passer à la suite. Mais comme je disais, ça dépend aussi du fonctionnement du photographe. Le plus important est d’arriver à s’adapter à la personne en face.

Shooter trop longtemps d’affilée, n’est pas constructif, c’est aussi épuisant pour les modèles de poser, et on perd en efficacité, et spontanéité. Même si en collaboration, on shoote pour la bonne ambiance et le relationnel, on est aussi là pour un résultat photo.

Il faut que personne n’ait de regret à la fin du shoot.

Le déroulement d'un shooting avec Jubylee
Crédit : Jubylee

As-tu des astuces pour être à l’aise devant l’objectif ?

Je trouve que déjà, avoir un bon feeling avec le photographe avec qui je shoote fait une grosse partie du travail pour être à l’aise.

Et pour les petites astuces :

  • Toujours avoir une bonne playlist sur son téléphone, ça permet de créer une ambiance au shoot, et de se mettre plus facilement dans sa « bulle ».
  • Avoir de quoi se réchauffer, quand on pose nue (peignoirs, chaussettes), car être gelée pour poser ça n’aide pas à être à son aise. Avoir de quoi aussi combler une hypoglycémie, ça arrive vite.
  • Raconter de bonnes blagues bien pourries, j’avoue avoir un humour que moi seule comprends !

Quels conseils donnerais-tu à un.e modèle débutant.e ?

Je pense que ça va être redondant, car c’est répété assez régulièrement :

  • Faire des photos par envie, et pas par curiosité ou pour faire « mieux » ou « plus » que les copines, ou les personnes des réseaux. C’est un hobby qui prend du temps, de l’énergie, des finances, une charge émotionnelle, c’est ultra-plaisant, mais pas anodin, le faire pour soi est une priorité.
  • Toujours se renseigner si c’est une personne que l’on ne connaît pas, ne pas hésiter à interroger ceux/celles qui connaissent le photographe et/ou qui ont déjà shooté avec.
  • Bien préciser que l’on vient accompagné, c’est assez souvent un moyen de faire le tri entre les demandes sérieuses et les autres.
  • Ne pas oublier qu’en faisant des photos et en étant diffusé (réseaux, sites photos), on devient un « personnage public » : c’est-à-dire que tout le monde peut à un moment ou à un autre : critiquer, juger les choix, harceler, informer la famille, le travail … dans le but de nuire. C’est une minorité, la majeure partie du temps cela se passe bien, mais il faut être conscient que ça existe. Donc que ce soit du portrait ou du nu, bien considérer l’impact de la photo sur vos vies et toujours être fier des photos que vous faites.

Ce sont les principes que j’applique et que j’explique aux modèles depuis que je suis passée derrière l’objectif. Notre santé mentale ne se monnaye pas contre quelques “belles” photos.

Ses conseils pour une modèle débutante
Crédit : Jubylee

Que souhaites-tu montrer à travers tes photos ?

Moi et toutes mes parcelles. Mes côtés positifs et mes côtés sombres. Ce que j’aime et ce qui me fait peur. M’exprimer tout simplement, je ne suis pas très bonne à l’oral ou à l’écrit, chacun sa technique.

On ne se résume pas à une phrase, en photo c’est la même chose. La seule différence est ce qu’on accepte de montrer.

Qui sont les photographes qui t’inspirent ? Avec quel photographe rêves-tu de shooter ?

Il y en a plein ! Je ne pourrais pas tous les citer, en plus il existe tellement d’univers différents.

En 1er lieu, mon mari qui est photographe également. J’essaie de m’inspirer de son évolution et de sa technique.

Il y a aussi tous nos amis photographes, qui sont des sources d’inspiration et d’émulation sans fin. J’ai de la chance, j’en conviens d’être aussi bien entourée.

Sans dire que je suis une référence (loin de là), mon axe de travail sera aussi de faire plus d’autoportraits. C’est très formateur, mais ça prend énormément de temps.

Peux-tu nous partager ta meilleure expérience de shooting ?

Il n’y en a pas qu’une, il y en a des tas et des tas (une grande majorité).

Je pense notamment, à toutes ces personnes à l’autre bout de la France parfois, que je n’aurais pas rencontré sans la photo.

Je pense, particulièrement, à toutes ces bouffes à la maison improvisées où on décide entre l’entrée et le dessert de faire des photos, parce qu’il y a une émulation et plein d’idées qui fusent.

Et aussi, toutes nos expérimentations photos avec mon mari, un dimanche au saut du lit, ou pendant les différents confinements.

Toutes ces expériences n’ont pas de prix.

Ta pire expérience ?

Pire, non, j’ai de la chance il n’y en a pas d’abominable.

Mais, il y a eu des shoots, où pendant des heures, on n’a pas fait de pause pour boire un café, prendre le temps de regarder les photos, manger… Des shoots où il y a eu des milliers de photos de faites, et aucune de développées. Des shoots où j’ai eu tellement froid et pourtant, je me considère comme une modèle relativement 4×4.

Tout ça désormais, j’en discute avec les photographes et j’essaie d’éviter si je peux. Pour ne garder que la partie plaisir de la photo, et de très bons souvenirs des rencontres photo.

En effet, je n’ai pas beaucoup de disponibilités. C’est ma manière de trier les propositions de collaboration.

C’est peut-être là-dessus finalement, que je mets mes limites.

Quel photographe me conseillerais-tu d’interviewer ? Quel.le modèle ?

Tu as déjà fait le tour de beaucoup de personnes que je connais et que je considère comme talentueux.

En photographe : Je dirai une nana en or, qui fait déjà des pépites et qui a un potentiel photo incroyable : @annah_sweety_photography.

En modèle : un couteau suisse de la photo, et une personne en or : @chachou3801. Et aussi 2 super modèles rencontrées lors de nos excursions photos en Alsace : @b.joanna_model et @choco_vany_.

Ton rapport aux réseaux sociaux

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Comment les utilises-tu ?

Je les utilise depuis le tout début où je fais de la photo. Ça a d’abord été Facebook pendant très longtemps, puis progressivement Instagram. Ça fait d’ailleurs très longtemps que je n’utilise plus Facebook.

C’est ma manière principale de diffuser les photos faites. J’ai eu des books (book.fr, …) dont je me suis désabonnée pour créer un petit bout de site que je gère moi-même.

Il y a beaucoup de bonnes choses sur les réseaux en photo, notamment le fait que je n’ai jamais rencontré autant de nouvelles personnes que depuis que j’y suis dessus pour la photo.

Combien de temps en moyenne chaque jour ?

C’est très variable, mais je dirai entre 20mn et 2h.

Je peux y passer beaucoup de temps à scroller, comme ne pas l’ouvrir du tout, car ça m’horripile les bêtises qu’on peut y lire. Alors dans ce cas-là, je fais du tri dans mon feed et je ne garde que le meilleur.

Je t’aime moi non plus 😊.

Ton réseau social préféré ? Pourquoi ?

C’est Instagram, car c’est désormais celui que j’utilise le plus.

Je trouve pratique le côté : une publication -> 1 ou plusieurs photos.

C’est aussi une grande source d’inspiration, et le principe d’enregistrement permet vraiment de rassembler ses centres d’intérêt de manière organisée.

Que penses-tu de Pinterest ? Comment l’utilises-tu ?

J’aime beaucoup le format, mais je n’ai jamais pris le temps de plus creuser le sujet plus que ça. Je l’utilise pour de la recherche d’inspirations. Mais 80% du temps, l’application sommeille sur mon téléphone.

Ton rapport au voyage

Tes 3 coups de cœur en France ? Pourquoi ?

L’Ardèche :

Mon lieu de prédilection, ça fait bien 30 ans que j’y vais. Et niveau photo, les paysages y sont juste incroyables ! C’est beau, pas loin de chez nous, et il y a toujours de nouveaux endroits à explorer. (et il y a des super artisans glaciers !)

La Corse :

Il n’y a pas trop de mots pour décrire la Corse. C’est dépaysant en restant proche de notre région, on y mange bien. Les gens sont adorables et les paysages sont à couper le souffle. On passe de plages paradisiaques à des forêts immenses… D’un point de vue purement photo, c’est extraordinaire.

L’Alsace :

Ma 2ème région de cœur, c’est une région exceptionnellement belle. Et je ne parle même pas de la gastronomie…

À l’étranger ?

L’Espagne :

J’ai eu la chance d’y aller plusieurs fois et je suis toujours aussi fan de la culture, de la gastronomie, de la gentillesse des gens. C’est un peu un pendant de la France. Il y a autant de régions, que de paysages/climats/histoires/cultures. J’ai hâte de retourner à Madrid notamment.

Le Japon :

Je n’y suis encore jamais allée, mais c’est un pays qui est tellement attirant par sa/ses culture(s).

L’Angleterre :

Ça fait 17 ans que je n’y suis pas allée, mais ce séjour à Londres était particulièrement riche en découvertes. Avec le Brexit et le Covid, c’est plus compliqué désormais, mais je ne désespère pas d’y retourner. Londres est tellement cosmopolite. Les gens sont ouverts d’esprit, et il y a tellement de choses à visiter.

Comment prépares-tu tes voyages ? As-tu des rituels avant de partir ?

C’est un gros défaut, je ne les prépare pas assez à l’avance. Les valises sont toujours faites dans le speed le plus total, j’y travaille…

Pour ce qui est des activités, j’essaie de trouver quelques centres d’intérêt particuliers et derrière on navigue autour de cette zone.

Ton prochain projet de voyage ? Pourquoi ?

Le Japon, avec beaucoup de préparations.

Carte blanche de Jubylee

Je voudrais remercier tous les photographes avec qui j’ai travaillé depuis le début, qui ont pris de leur temps pour me montrer, me former, partager leurs expériences et leur travail.

C’est une opportunité pas commune de créer par ce biais-là (peut-être plus accessible de nos jours, qu’il y a 10 ans) et de rencontrer autant d’artistes différents et d’univers exceptionnels.

Je remercie aussi James, sans qui je n’en serais pas là niveau photo, autant en tant que modèle, qu’en tant que photographe.

Où retrouver Jubylee ?

Tu peux retrouver Jubylee sur :

Un grand MERCI pour sa confiance et la qualité de nos échanges.

À toi, une question à poser à Jubylee ?

Tu es sur Pinterest ? Moi aussi ! Ne me laisse pas toute seule.

Jubylee : interview à contre-courant