Découvre l'essentiel du livre "Toute la vérité (ou presque) sur la malhonnêteté"  de Dan Ariely. Au menu : psychologie sociale, mensonge, conflits d'intérêts, créativité et fraude collaborative.

Malhonnêteté : ce que j’ai appris du livre de Dan Ariely

Temps de Lecture : 10 minutes

Découvre l’essentiel du livre « Toute la vérité (ou presque) sur la malhonnêteté »  de Dan Ariely. Au menu : psychologie sociale, mensonge, conflits d’intérêts, créativité et fraude collaborative.

Cet été, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le livre de Dan Ariely. Il revient avec beaucoup d’humour sur nos petits défauts. Dan Ariely popularise avec beaucoup de talent des études complexes sur la psychologie comportementale et la psychologie sociale.

Après avoir lu cet essentiel, tu sauras :

  • Quelles sont les forces en jeu ?
  • Comment s’accommoder de la réalité ?
  • Comment nous sommes aveuglés par nos conflits d’intérêts ?
  • Pourquoi l’épuisement favorise la tentation ?
  • Pourquoi les contrefaçons nous font tricher ?
  • Comment la créativité favorise la malhonnêteté ?
  • Comment nous contractons le germe de la malhonnêteté ?
  • La fraude collaborative

Prêt (e) ?

Une dernière chose avant que j’oublie, tu peux retrouver ici mes derniers articles sur :

Qui est Dan Ariely ?

Dan Ariely est né le 29 avril 1967 à New York. Professeur de psychologie et d’économie comportementale, il enseigne à la prestigieuse université américaine Duke. Il est également fondateur du Center for Advanced Hindsight.

Il a déjà écrit :

  1. « Toute la vérité (ou presque) sur la malhonnêteté » (2012),
  2. « The Upside of Irrationality : The Unexpected Benefits of Defying Logic at Work and at Home » (2010),
  3. « C’est (vraiment ?) moi qui décide » (2008).

Malhonnêteté : Quelles sont les forces en jeu ?

Nous pourrions croire que lorsque nous nous apprêtons à mentir, nous nous appuyons sur une analyse (rationnelle) : coût – bénéfice.

En réalité :

  1. Nous souhaitons nous considérer comme des honnêtes et honorables, et nous regarder dans le miroir sans honte.
  2. Nous voulons bénéficier de la fraude et en retirer le plus d’argent possible.

La plupart d’entre nous se pose la question de :

Comment tirer profit de la triche tout en se considérant comme une personne honnête et admirable ?

Nous trichons seulement un peu et nous parvenons ainsi à nous considérer comme de merveilleux êtres humains.

Sans t’en rendre compte, tu viens de faire connaissance avec la théorie du facteur d’accommodement. Tu sais, tu identifies dans ta tête, cette fameuse ligne au-delà de laquelle, tu ne pourras plus tirer profit de ta malhonnêteté sans nuire à l’image que tu as de toi-même.

Comment nous nous accommodons de la réalité ?

Dans son livre « Toute la vérité (ou presque) sur la malhonnêteté« , Dan Ariely décompose la population :

  • 1% des gens qui seront toujours honnêtes.
  • 1% des gens qui seront toujours malhonnêtes.
  • 98% resteront honnêtes tant que la situation s’y prêtera mais quand la tentation sera suffisante, ils deviendront eux aussi malhonnêtes.

Il nous conseille de nous rappeler nos valeurs morales au moment de la tentation pour limiter nos comportements malhonnêtes.

En réalité, nous devons simplement admettre que la malhonnêteté est surtout conditionnée par le facteur d’accommodement et non par le modèle de crime rationnel (gain + sanction + probabilité de se faire prendre).

Quand nos actes sont plus distants de l’accomplissement de la malversation, lorsqu’ils se font de façon indirecte et lorsque leur légitimité est plus aisée, nous trichons plus.

Quand les règles sont sujettes à interprétation, quand il y a des zones grises, quand les gens ont la possibilité d’évaluer leurs propres performances, nous trichons plus.

Et toi, tu en penses quoi ?

Nous sommes aveuglés par notre propre intérêt (conflits d’intérêts)

Pour Dan Ariely, Il est difficile d’établir un système de rémunération qui n’implique pas de conflits d’intérêts ni ne repose sur eux.

C’est même presque impossible pour lui. Nous perdrions trop en flexibilité et nous renforcerions trop la bureaucratie. Cela dissuaderait presque toutes les actions qui seraient trop lourdes, trop compliqués à mettre en oeuvre…

Nous devons simplement réaliser à quel point nous sommes susceptibles de nous aveugler par nos motivations financières.

Dan Ariely souligne la nécessité de réglementer certains domaines comme par exemple la santé pour éviter les abus. Il nous recommande également de consacrer plus de temps et plus d’énergie pour demander un second avis à un tiers n’ayant aucun intérêt financier dans l’affaire.

les conflits d'intérêts et la malhonnêteté selon Dan Ariely

Pourquoi l’épuisement favorise la tentation (et donc la malhonnêteté) ?

Pour Dan Ariely, la clé réside dans le conflit entre notre part impulsive (ou émotionnelle) et notre part rationnelle (ou délibérative).

Plus nous faisons un travail qui exige beaucoup de ressources cognitives, plus nous optons pour des récompenses faciles et plus nous succombons à la tentation.

Quand nous mettons notre volonté à rude épreuve, nous avons beaucoup plus de mal à réprimer nos désirs, ce qui peut également porter atteinte à notre honnêteté.

Par exemple, après une journée de travail épuisante, nous avons déjà tous succombé au fait de nous commander une pizza plutôt que de nous concocter une bonne ratatouille maison.

Pour Dan Ariely, la solution réside dans le fait de céder de temps en temps. Cela évite que nous nous épuisions outre mesure et nous conservons ainsi suffisamment d’énergie pour résister aux tentations à venir.

Les expériences suggèrent que, de manière générale, nous aurions tout intérêt à prendre conscience du fait que nous sommes tentés en permanence tout au long de la journée et que notre résistance diminue avec le temps et l’accumulation des désirs réprimés.

En réalité, nous avons deux choix possibles :

  1. Supprimer les tentations,
  2. Accroître notre aptitude à résister.

Pourquoi porter des contrefaçons nous fait plus tricher ?

Je vois à travers l’écran que tu commences à être sérieusement dubitatif. Rassure-toi c’est très simple.

Un acte immoral peut accroître la probabilité qu’un autre se produise, et qu’un acte immoral commis dans un domaine peut altérer notre moralité dans d’autres domaines.

Par exemple, si tu vois qu’un collègue de travail triche, tu seras plus incité à tricher. Si tu dépasses les limites de vitesse et que tu ne te fais pas prendre, tu seras plus enclin à tricher avec la pointeuse de ton travail…

Bref quand un tricheur prend confiance, il élargit la triche à d’autres domaines de sa vie.

Pour Dan Ariely, la solution réside dans le fait de prêter attention aux premiers signes de comportements malhonnêtes et de faire tout notre possible pour les tuer dans l’oeuf dès leur apparition, avant qu’ils ne fassent tache d’huile.

La malhonnêteté et l’auto-mystification

Nous trichons quand l’occasion se présente mais généralement pas de beaucoup. Même avec une incitation financière à l’exactitude, nous avons quand même tendance à surestimer nos aptitudes.

Lorsque notre passage à l’action est flagrant à nos yeux (triche), nous sommes moins susceptibles de présumer de nos performances.

Pour Dan Ariely, c’est une question d’équilibre entre :

  • Le bonheur qui résulte en partie de l’auto-mystification,
  • Les choix les plus judicieux pour notre avenir qui favorisent une vision plus réaliste de nous-même.

Il est certes palpitant d’être téméraire et de croire en de fabuleux lendemains, mais dans le cas de l’auto-mystification, une confiance excessive peut se révéler dévastatrice lorsque la réalité nous rattrape.

Les bons côtés du mensonge : l’infirmière

Maintenant, imagine le cas des infirmières. Elles ne peuvent pas décemment dire toute la vérité avant une opération grave pour leur patient. Sinon, nous passerions les jours précédents l’opération dans la détresse, la terreur et le stress…

Bref, cela pourrait avoir des conséquences désastreuses sur notre système immunitaire avant l’opération !

Dans certaines circonstances, Dan Ariely souligne que les mensonges bien intentionnés sont tout à fait justifiés.

Créativité et malhonnêteté : nous nous racontons tous des histoires

Nous sommes des conteurs par nature. Nous nous racontons histoire sur histoire jusqu’à trouver une explication qui nous convienne et semble raisonnablement crédible. (c’est le biais de narration)

Si en plus, cette histoire redore notre blason, c’est tout bénéfice pour nous.

Nous ne faisons pas nos choix en fonction de nos préférences explicites. Au contraire, nous avons une intuition viscérale de ce que nous voulons et nous passons par toute une gymnastique mentale en recourant à toutes sortes de justifications pour manipuler les critères.

Nous obtenons ce que nous nous souhaitons vraiment, tout en laissant croire à nous mêmes et aux autres que nous agissons conformément à des choix rationnels et motivés.

Tu me suis ?

la créativité et la malhonnêteté selon Dan Ariely

Plus nous sommes créatifs, plus nous gagnons de l’argent

La relation entre créativité et malhonnêteté semble avoir trait à notre aptitude à nous raconter des histoires quant au fait que nous agissons comme il faut, même si ce n’est pas le cas.

Plus nous sommes créatifs, plus nous sommes capables d’imaginer de bons prétextes pour justifier nos propres intérêts.

En revanche, selon Dan Ariely, l’intelligence n’est absolument pas corrélée avec la malhonnêteté !

Facteur d’accommodement et désir de vengeance

Quand nous nous sentons blessés, notre capacité à redéfinir notre code moral n’a plus aucune limite. Notre aptitude à la légitimation est vaste et extensible.

Nous disposons d’une capacité incroyable à prendre nos distances de toutes sortes de manières avec le fait que nous enfreignons sciemment les règles, en particulier lorsque nos actes ne nuisent pas directement à autrui.

Nous devons bien prendre conscience des liens entre créativité et malhonnêteté afin de limiter les cas où les gens créatifs pourraient être tentés d’user de leurs talents pour imaginer de nouvelles façons de mal se conduire.

Et toi, tu es créatif ? (lol).

Comment contractons-nous le germe de la malhonnêteté ?

Si  tes amis franchissent la limite morale avec toi, cela ne rend-il pas ton acte socialement plus acceptable à tes yeux ?

Il nous arrive souvent de nous conforter dans nos actes lorsque ceux-ci correspondent aux normes sociales de notre entourage. Bref, plus tes amis seront honnêtes et plus tu seras toi même honnête. Tu sais ce qui te reste à faire…

La violation du serment

Si le serment est efficace au début dans une organisation, il finit vite par ne plus faire face à la norme sociale qu’engendre l’observation du comportement malvenu des autres membres qui composent cette organisation.

Pour que le serment garde son efficacité,  il doit être répété à chaque début de journée. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Dan Ariely !

Les brebis galeuses (et la malhonnêteté)

Lorsque nous prenons conscience de la possibilité de se comporter de façon immorale, nous réfléchissons à notre propre moralité et nous nous comportons de manière plus honnête.

Notre entourage contribue à déterminer les limites acceptables de notre propre comportement y compris en matière de fraude.

Quand nous voyons un membre de notre communauté outrepasser les limites acceptables, il y a de grandes chances que nous réajustions notre boussole morale et prenions son comportement pour modèle.

Quand en plus, il s’agit d’une figure d’autorité (patron, parent, enseignant ou autres personnes que nous respectons) la probabilité est encore plus forte que nous nous laissions entraîner.

Dan Ariely préconise ainsi comme solution d’être plus vigilant dans nos tentatives de limiter les infractions les plus dérisoires. Cela renvoie à la théorie de la vitre brisée de George Kelling et James Wilson (voir l’essentiel du livre le point de bascule de Malcolm Gladwell).

Nous devons donc absolument vanter les mérites des lanceurs d’alerte qui tiennent tête à la corruption car même s’ils ne font pas autant de sensation, les actes honnêtes contribuent grandement à notre sentiment de moralité sociale.

la fraude collaborative et la malhonnêteté selon Dan Ariely

Bonus : Tu connais la fraude collaborative ?

Non sans humour, Dan Ariely parle également de tricherie altruiste. Quels sont les dangers de la collaboration ?

Cette tendance à nous préoccuper de notre entourage est également susceptible de nous conduire à une plus grande malhonnêteté lorsqu’elle est susceptible de bénéficier à autrui. C’est une manière pour nous de la légitimer.

Par exemple, les vigiles ne comptent plus le nombre de fois où ils entendent :

Ce n’est pas pour moi, c’est pour ma famille, mes enfants, mon grand-père, mon chien, mon chat…

Pouvons-nous considérer la tricherie comme altruiste ?

Pour Dan Ariely, la collaboration est à double tranchant.

D’un côté, elle accroît le plaisir, la loyauté et la motivation. De l’autre, elle augmente la probabilité de fraude.

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Guillaume Servos

Et toi, Quel est ton rapport au mensonge et à la malhonnêteté ?

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