Découvre l'essentiel du livre "Save the cat" de Blake Snyder. Au menu : les règles élémentaires pour l'écriture d'un bon scénario et d'un bon storytelling

Storytelling : ce que j’ai appris du livre de Blake Snyder

Temps de Lecture : 10 minutes

Découvre l’essentiel du livre « Save the cat » de Blake Snyder. Au menu : les règles élémentaires pour l’écriture d’un bon scénario et d’un bon storytelling.

J’ai dévoré le livre de Blake Snyder. Il se lit très bien et en plus, il est très court (140 pages). Il m’avait été recommandé par Stan Leloup de Marketing Mania, bien connu des marketeurs 3.0.

A la base, ce livre s’adresse aux scénaristes de cinéma. En réalité, il est tellement puissant qu’il s’adresse à tous ceux qui ont envie de perfectionner leur storytelling.

Le livre « Save the cat » décrit de manière extrêmement concrète le processus d’écriture scénaristique.

Pour la petite histoire, le livre a connu un succès énorme aux Etats-Unis grâce à ses règles de bon sens très novatrices sur nombre d’aspects.

Une dernière chose avant que j’oublie, tu peux retrouver ici mes derniers articles sur le marketing digital :

Pourquoi j’ai adoré les règles élémentaires pour l’écriture d’un scénario ?

C’est très simple, le livre est construit comme une véritable boite à outils. Il te permettra de gagner immédiatement en efficacité.

Tu risques de ne plus regarder du même œil tes séries préférées sur Netflix.

Qui est Blake Snyder ?

Je vais être honnête avec toi. Avant de lire la recommandation de Stan, je ne connaissais absolument pas Blake Snyder. Pourtant, il a vendu de très nombreux scénarios et pitchs, dont un à Steven Spielberg himself.

La presse professionnelle ira même jusqu’à le qualifier « d’un des scénaristes de projets spontanés ayant eu le le plus de succès à Hollywood ».

Impressionnant, non ?

Il s’appuie sur son expérience de scénariste à succès pour nous montrer les erreurs et les pièges qu’il faut éviter.

Avec beaucoup de talent, il explore des pistes très judicieuses et très pratiques sur la façon d’organiser son travail d’écriture et de storytelling. Bref, c’est un incontournable !

Le storytelling ou l’art de synthétiser tes idées

Comme le souligne très justement Blake Snyder, tu dois absolument te demander à qui ton contenu s’adresse. Quelle est ta cible ?

Afin de créer un meilleur « de quoi s’agit-il ? », tu dois être capable de formuler un bon pitch court (logline) en une ou deux phrases accrocheuses.

Un bon pitch court, c’est quoi ?

D’après Blake Snyder, ton pitch court doit comporter quatre éléments essentiels.

  1. L’ironie. Il doit être ironique et prenant émotionnellement.
  2. Une image mentale séduisante. Nous devons voir l’ensemble du film et son contexte temporel.
  3. Ton pitch court doit suggérer le ton et la cible.
  4. Un titre puissant.

Le meilleur moyen de tester ton pitch est de sortir de chez toi et de le tester sur tous les gens que tu croises. Plus ils seront sceptiques et plus tu apprendras.

Donne-nous la même chose mais différemment !

C’est bon, tu as maintenant ton pitch court. Bravo, c’est un bon début.

Tu dois maintenant répondre aux questions :

  1. De quoi s’agit-il ?
  2. A quoi ça ressemble le plus ?

Blake Snyder recense 9 grands types de storytelling qui peuvent te servir de point de départ.

Storytelling n°1 : un monstre dans la maison

Qu’est-ce que les « Dents de la mer », « Delicatessen » et « Alien » ont en commun ?

Il comporte deux aspects :

  1. Le monstre,
  2. La maison.

Et lorsque tu ajoutes des personnes dans la maison qui sont obsédées par l’idée de tuer le monstre, cela te donne un type de storytelling qui touche à des éléments si primordiaux qu’il est susceptible de toucher tout le monde.

Nous sommes tous capable de comprendre la règle élémentaire qui consiste à ne pas se faire dévorer !

Les règles sont très simples. La « maison » doit être un lieu délimité, peu importe qu’il s’agisse d’un bureau, d’une station balnéaire ou d’un vaisseau spatial et un péché doit être commis.

En général, on choisit la gourmandise. Cela fait surgir un monstre surnaturel qui, tel un ange exterminateur, arrive pour tuer ceux qui ont commis ce péché et épargner ceux qui ont conscience qu’il s’agit d’un péché.

Storytelling n°2 : le mythe de la quête

C’est assurément le plus efficace de tous les temps. Ce type de storytelling comporte un aspect « road movie ».

Le héros part à la recherche de quelque chose et se découvre lui-même.

Tu verras d’un œil différent des films comme « La guerre du feu », « La guerre des étoiles », « Retour vers le futur »…

Ce type de storytelling fonctionne autour d’épisodes clés. En réalité, il ne s’agit pas de couvrir du territoire mais d’évaluer l’évolution du héros. Ton travail consistera à prévoir les événements marquants susceptibles de faire évoluer ton héros.

L’intérêt ne réside pas dans les obstacles rencontrés mais dans ce que chacun d’eux permet aux héros d’apprendre sur lui même.

#3 Le hors bocal

Le « Ah si j’étais riche » est l’un des souhaits les plus universels. Cela n’est pas vraiment important que ce changement radical soit dû à la magie, la chance ou dieu. Le désir du personnage est exaucé et sa vie change.

Le film à succès « Bruce tout puissant » de Jim Carrey en est un bon exemple.

L’envers de la médaille des storytellings « hors bocal » sont ceux qui reposent sur un sort comme par exemple « Menteur, menteur » avec Jim Carrey.

Il s’agit d’une histoire fondée sur un souhait, il faut un personnage à la Cendrillon, complètement sous la coupe de ses proches afin que nous ayons vraiment envie qu’il s’en sorte. Nous avons envie de le voir goûter un peu de bonheur.

Rappelle toi que, dans la nature, on nous apprend qu’on se lasse de voir un opprimé réussir trop longtemps. A la fin, ton héros doit apprendre que tout ne repose pas sur la magie, et qu’il est préférable d’être comme tout le monde car ce genre de choses ne nous arrivera jamais.

Pour ce type de storytelling, il est nécessaire d’avoir une morale à la fin.

#4 Les rituels d’initiation

Ces moments de transition trouvent écho en nous car nous en avons tous vécus. Il s’agit de storytelling qui mettent en scène des tourments émotionnels.

Ils ont un élément en commun : tout le monde sait ce qui est en train de se passer sauf le protagoniste. Et seule l’expérience pourra lui apporter la solution.

#5 Les films de potes

Cela marche toujours car des histoires sur « moi et mon meilleur ami » plaisent bien. Le secret des films de potes est qu’il s’agit en réalité de films d’amour déguisés.

Au début les potes se haïssent. Sinon, il n’y aurait pas de distance émotionnelle à parcourir. Mais les aventures qu’ils vivent ensemble leur font comprendre qu’ils ont besoin l’un de l’autre sinon ils sont incomplets sans l’autre.

Souvent, comme dans « Rain Man », l’un des potes est le héros de l’histoire et c’est lui qui va changer (Tom Cruise) alors que l’autre joue le rôle de catalyseur et ne changera que très peu ou pas du tout (Dustin Hoffman). PS : si tu ne l’as pas encore vu, regarde-le ce soir !

#6 Les mystères

Il s’agit de faire découvrir au public quelque chose sur la nature humaine qu’il n’aurait pas cru possible avant que ce délit ne soit commis et que l’affaire commence.

Le public finit par s’identifier au détective. Il nous représente à l’écran et fait notre travail même si c’est à nous de trier l’information et d’être choqué par ce que nous découvrons.

Exemples : JFK, Mortelle randonnée, Mystic River.

#7 Le crétin qui triomphe

L’idiot est un personnage important dans les mythes et les légendes. A première vue il n’est que « l’idiot du village », or nous nous apercevons qu’il est le plus sage d’entre nous.

Sa condition d’opprimé lui donne le privilège de l’anonymat. Tout le monde sous-estime ses capacités, ce qui lui permet de briller à la fin.

Le principe du storytelling du « crétin qui triomphe » est de faire en sorte que l’idiot opprimé affronte un méchant plus puissant et plus intégré dans la société. Observer un soi-disant idiot obtenir le gros lot nous donne tous de l’espoir.

Les ingrédients de ce type de storytelling sont simples :

  1. Un opprimé qui est apparemment si inapte et si mal équipé pour la vie que tous ceux qui l’entourent ne lui donnent pas la moindre chance de réussir.
  2. Une institution à laquelle cet opprimé va s’attaquer.

Exemple : Forrest Gump.

#8 Les films d’institution

Les films d’institution racontent des histoires de groupes, d’institutions et de familles. Ces storytellings rendent hommage à l’institution tout en faisant ressortir le danger de voir son identité se dissoudre.

American Beauty rassemble un groupe de résidents d’une banlieue américaine. Le Parrain parle de la mafia. Les Choristes parle de la pension. Chacun de ces films comporte un personnage de rebelle dont le rôle est de nous faire prendre conscience que le but du groupe dont il est issu n’est qu’une imposture.

Kevin Spacey, Al Pacino et Gérard Jugnot joue ce rôle dans ces différents films.

En fin de compte, toutes les histoires de cette catégorie de storytelling se résume en une et une seule :

Qui est le fou ? Eux ou moi ?

#9 Les superhéros

Un individu extraordinaire se retrouve dans un monde ordinaire. Né dans un monde qu’il n’a pas conçu, le superhéros doit affronter ceux qui sont jaloux de son esprit supérieur.

Le mythe de création à l’origine de chaque mythe accentue les éléments qui nous permettent d’éprouver de la sympathie à l’égard du superhéros.

C’est l’histoire d’un type qui…

Félicitions, tu as maintenant ton pitch court et ton concept. Et si nous passions maintenant à « c’est l’histoire d’un homme qui … ».

Pourquoi ?

Le personnage est ton moyen de toucher ton audience.

Je ne sais pas si tu l’as remarqué mais généralement nous nous focalisons sur le personnage. Nous cherchons à nous y identifier, qu’il s’agisse d’un film, d’une publicité ou d’une vidéo sur YouTube.

Tu dois créer des personnages susceptibles d’attirer ton audience dans ton monde.  Tu dois concevoir des personnages qui représentent la cible que tu veux toucher afin de servir les objectifs de ton storytelling.

Tout bon pitch court comporte un ou deux qualificatifs.

Exemples : un professeur qui a horreur du danger… Un banquier plein aux as qui…

Les ingrédients nécessaires à un pitch court parfait sont un:

  1. Adjectif pour décrire le héros ;
  2. Adjectif pour décrire le méchant ;
  3. Objectif attractif que nous pouvons désirer.

Soigner ses personnages

Chaque storytelling a besoin d’avoir un personnage principal.

Il faut toujours qu’il s’agisse de quelqu’un. Nous devons pouvoir nous concentrer sur un ou deux personnages.

Nous devons vouloir le succès des personnages, en particulier de celui qui porte la thématique de ton storytelling. C’est très important de rendre reconnaissables tous tes personnages.

Comment doper l’intrigue de ton storytelling ?

Pour doper ton histoire, tu dois créer des héros qui :

  1. Offrent le plus de possibilités de conflit dramatique dans cette situation ;
  2. Ont le plus grand parcours de découverte personnelle à accomplir ;
  3. Appartiennent à la tranche de la population la plus attractive.

Créer un sentiment d’urgence primordial dans ton storytelling

Une fois que tu as déterminé ton héros, sa motivation pour réussir doit être élémentaire.

Qu’est-ce qu’il veut ? C’est l’instinctif et le primordial qui nous intéressent là. Survivre, manger, la sexualité, protéger ceux qu’on aime, la peur de la mort.

Les meilleurs personnages principaux doivent avoir des besoins et des désirs élémentaires.

Les archétypes de personnages

Les archétypes existent pour satisfaire notre besoin de voir à l’écran les créations de notre esprit.

Blake Snyder distingue par exemple :

  • Le jeune homme qui a de l’avenir,
  • La jeune fille séduite,
  • Le petit démon, l’enfant intelligent et plein de ressources,
  • La déesse,
  • Le mâle,
  • Le soldat blessé revenant de sa dernière mission salvatrice,
  • La délurée en détresse,
  • L’adorable bellâtre,
  • Le fou du roi,
  • Le grand-père sage…

En résumé, raconte une histoire sur un type…

  1. Avec qui je pourrais m’identifier ;
  2. Dont je veux apprendre quelque chose ;
  3. Que j’aurais de bonnes raisons de suivre ;
  4. Dont je souhaiterais la victoire ;
  5. Qui a des objectifs primordiaux qui sonnent justes.

Nous avons presque dépassé les 2 000 mots. Merci d’être toujours là, tu fais partie du cercle des 20 % qui lisent mes articles jusqu’à la fin. Je suis vraiment flatté.

C’est aussi l’heure pour moi de conclure. Certes, j’aurais pu aussi te parler de comment construire les temps forts de ton histoire ou des lois immuables de la physique scénaristiques mais honnêtement pourquoi te gâcher le plaisir ?

C’est encore mieux que tu lises toi-même même « Save the cat » de Blake Snyder.

clap de fin de ce que j'ai appris du livre save the cat de Blake Snyder sur le storytelling

Le savais-tu ? Chaque article me prend entre 3 et 4 heures de travail, soit 31,32€ au SMIC horaire net.  Je m’en fiche royalement car j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet article pour toi. Pour m’encourager, laisse-moi un petit commentaire sur cet article et partage-le avec un ami qui aime la psychologie. Cela ne te prendra que quelques secondes et cela me fera extrêmement plaisir. En plus, tu aideras mon site à être mieux classé dans Google.

Guillaume Servos

A toi, Que penses-tu du storytelling ou de l’art de raconter de belles histoires ?

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