Street art, de la banlieue aux galeries d'arts

Street Art : de la banlieue aux galeries d’art

Temps de Lecture : 6 minutes

Découvre comment en quelques années, le street art est passé des banlieues aux galeries d’art les plus prestigieuses. Au menu : son évolution, l’explosion de la demande, la nouvelle mode de l’art de contemporain, son futur…

Je me suis récemment converti au site de blogging Medium qui permet de bloguer sans avoir de site. Je suis notamment tombé sur un article (en anglais) très complet  du compte Courier « Stories of modern business » (clique ICI pour avoir le lien) sur le street art. Il retraçait l’évolution du mouvement, du vandalisme aux plus prestigieuses des galeries d’art. Après avoir lu cet article, je me suis dit que plutôt que de te le partager, ce serait bien que je donne également mon point de vue.

Après avoir lu cet article, tu seras capable de

  • Mieux décrypter le phénomène du street art à travers les années ;
  • Connaître le montant des ventes du street art en 2017 ;
  • Appréhender les évolutions possibles du phénomène.

Attention, je partage simplement mon point de vue personnel. Tu as le droit de ne pas être d’accord. Je ne prétends pas être un expert. Je t’invite d’ailleurs à me laisser ton opinion en commentaire.

Du vandalisme à l’embellissement

Peut-être que tu ne te souviens pas, je sais, je commence à me faire vieux (40 ans, le 23 août)  mais il y a eu une époque où tu pouvais aller en prison ou subir de lourdes amendes pour graffer sur les murs. Souviens-toi par exemple du procès entre Monsieur Chat et la RATP.

Maintenant, les street artistes et les graffeurs exposent dans les plus grandes galeries du monde. Les pouvoirs publics et les mairies font de plus en plus les yeux doux aux artistes. Les festivals de street art se multiplient, à la ville comme à la campagne.

Le street art n’est plus réservé aux arrières cours de quartiers laissés à l’abandon. Au contraire, il est aujourd’hui signe de beauté, de renaissance culturelle et d’embellissement.

Les street artistes sont même accusés d’être à la solde des promoteurs immobiliers. Prenons l’exemple de Goldman Properties, une grande société immobilière américaine qui a entièrement rénové le quartier de Wynwood à Miami. Je pourrais aussi bien te parler de Bushwick à New York. Plus près de chez nous, citons également Shoreditch, Camden ou Brixton à Londres. Tous ont connu une énorme vague de gentrification. La spéculation immobilière et l’inflation des loyers ont fait progressivement fuir les habitants historiques.

« Ils prennent les quartiers qui sont considérés comme les plus merdiques de la ville et ils les transforment en quartiers attractif avec leurs lots de programmes immobiliers haut de gamme. L’art facilite cela. Bien sûr, les véritables vainqueurs sont les promoteurs. »

Gabe Schoenberg, responsable d’un street art tour à Bushwick

Le street art de D Face à Bushwick, New York

Le street artiste D Face à Bushwick

275 000 000 € : les ventes de street art en 2017 dans le monde

En transformant la rue en galerie à ciel ouvert, les street artistes construisent rapidement de puissantes communautés de fans. Les réseaux sociaux et internet font ensuite le reste. Banksy fait même les gros titres du journal de 20h de TF1 !

Nous sommes passés du vandalisme à un phénomène artistique incontournable.

Les ventes du street art pèsent désormais plus de 275 millions d’euros en 2017 (Source : Courier).

Selon les prévisions, ce n’est que le début ! Le boom est notamment alimenté par une clientèle plus jeune, plus branchée qui ne s’intéressait pas au marché de l’art jusqu’à présent. De leurs côtés, les investisseurs plus expérimentés ont vite flairé la bonne affaire.

Les marchands d’art sont eux à la recherche des nouveaux Keith Haring, Jean-Michel Baquiat ou Banksy. Qui aurait encore imaginé que D Face expose en 2017 dans une galerie d’art parisienne?

Merci Facebook et Instagram

Avec les Facebook, Instagram, Twitter et autre Pinterest, les artistes ont pu faire grossir très rapidement leur communauté. Maintenant, tu peux habiter un petit bled perdu dans l’Ain et suivre depuis ton écran de smartphone C 215, Mr Cenz, Zabou.

Un artiste renommé peut plus facilement combiner le plaisir (peindre dans la rue) et le business (peindre pour des galeries). Nous critiquons trop souvent les réseaux sociaux en oubliant qu’avant il était quasi impossible de suivre qui n’était pas près de chez soi ou médiatisé par les média mainstream.

Les réseaux sociaux ont cassé les frontières et ont permis une diffusion massive de l’art. Merci qui ? Merci Mark Zuckerberg…

Une publication partagée par ZABOU (@zabouartist) le

Les galeries d’art s’intéressent au phénomène Street Art

Le monde de l’art classique a mis beaucoup de temps avant de prendre réellement la mesure du phénomène et beaucoup reste encore à faire ! Pourtant en privé, beaucoup de propriétaires de galeries d’art  regardent avec une certaine admiration comment les street artistes ont su attirer, convertir et fidéliser avec les réseaux sociaux.

Après avoir été longtemps rejeté ou mis à l’écart, les galeries changent leur regard sur le monde du street art. Le montant des sommes échangées et la popularité des street artistes attirent leurs convoitises. Les street artistes sont désormais pris au sérieux. C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. C’est encore naissant en France.

Comment vendre son art ?

La monétisation du street art a longtemps été un sujet épineux pour les street artistes. Les réticences n’ont pas totalement disparu mais gagner de l’argent n’est plus tabou. Mais comment ?

Les street artistes peuvent commercialiser leur travail directement sur le site internet ou passer par l’application Artsper, le n°1 de la vente d’art en ligne.

Ils peuvent aussi faire appel à des galeries d’art selon leur renommée. C’est assez drôle de voir que les artistes ou les entrepreneurs du digital ont exactement les mêmes problématiques : attirer, convertir, vendre et fidéliser.

Le Street Art dans 5, 10, 15 ans

Les artistes aux services des marques ?

Le street artiste Ben Eine a accepté une commission lucrative de la compagnie aérienne Virgin pour travailler sur ses espaces « lounge ». Microsoft, Converse ou Nike ont fait récemment appel à des street artistes pour la réalisation d’immenses murales publicitaires. Certains agents et courtiers s’intéressent déjà de près à ce marché, pour jouer les intermédiaires entre les artistes et les marques.

Personnellement, je ne suis pas très fan de cette pratique mais qui suis-je pour juger ? A chacun de se faire sa propre opinion, le plus important étant je crois de garder une certain cohérence avec sa philosophie personnelle…

Cass Art street art, Bethnal Green, Londres

Street Art publicitaire pour les magasins Cass Art

Le Street Art est-il déjà mort ?

Certains prétendent que le street art contribue à la gentrification des quartiers populaires. Ils prétendent même que c’est la preuve que le street art est déjà mort en s’éloignant de son passé subversif.

Je suis toujours mal à l’aise face à de telles généralisations. La scène street art est trop diverse pour pouvoir la résumer ainsi. Je crois que les artistes ne sont pas différents de nous. Ils essaient de vivre avec leurs propres contradictions…

Certains sont attirés par l’argent, d’autres par une vision romantique de leur art… Respectons la différence, la diversité et la pluralité. Je ne sais pas toi mais moi, je déteste être enfermé dans une boite.

Le savais-tu ? Chaque article me prend entre 3 et 4 heures de travail, soit 31,32€ au SMIC horaire net.  Je m’en fiche royalement car j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet article pour toi. Pour m’encourager, laisse-moi un petit commentaire sur cet article et partage-le avec un ami qui aime le street art. Cela ne te prendra que quelques secondes et cela me fera extrêmement plaisir. En plus, cela aidera mon site a être mieux classé dans Google.

Guillaume Servos

A Toi, Que penses-tu de mon article sur le street art ?

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6 réponses
  1. Sil dit :

    Bonjour, J’ai trouvé ce blog passionant je vois que les débats sont nombreux. Les artistes effectivement doivent continuer à s’exprimer dans la rue ..,librement sans pression de galeriste , ou publicitaite . Pour avoir échangé avec eux je sais que c’est le lieu , et l’univers qu’ils préfèrent . Je pense que le street art A encore de beaux jours devant lui mais certaines petites villes ont encore du mal à le développer au sein de leur ville . A bientôt pour d’autres échanges Nelly

    Répondre
    • Guillaume Servos dit :

      Déjà un grand merci Nelly pour ton commentaire. Je suis entièrement d’accord avec toi, je pense que la rue est pour les street artistes un formidable terrain de jeu et d’expérimentation. Après, je ne suis pas artiste mais j’imagine que cela doit vraiment être jouissif et jubilatoire de peindre dans la rue. Je pense que le street art commence à se diffuser partout. Après nous sommes en France, les français sont toujours assez conservateur mais je suis confiant.

      Je suis toujours très content de faire naître le débat dans le respect de toutes les opinions. Je suis fan de street art et je suis toujours ravi de pouvoir modestement contribuer à une meilleure compréhension de ce mouvement.

      Bon week-end Nelly

  2. Bruno Lalouette dit :

    Bonjour Guillaume,

    C’est un excellent article!

    Personnellement, je suis pour que les artistes gagnent de l’argent grâce aux grandes compagnies.

    Non, le street art n’est pas mort, au contraire, il va se démocratiser et faire vivre des milliers d’artistes partout dans le monde, tel un Netflix employant des milliers d’acteurs!

    Si aujourd’hui il y a spéculation immobilière, c’est parce qu’il est encore trop rare, ce ne sera plus le cas quand il y en aura partout!

    L’art, color of life plutôt que la laideur des barres de béton!

    Je propose une idée bio lumineuse, que les maires des villes autorisent la pub (encadrée) dans le street art, contre rémunération pour les propriétaires des immeubles, et que cela se fassent avec des peintures phosphorescentes en remplacement des lampadaires!

    Toute une nouvelle industrie à naître qui créera emplois et vocations, plutôt que de laisser les quartiers aux mains des dealers!

    Qu’en dis-tu?

    Répondre
    • Guillaume Servos dit :

      Merci Bruno pour ton long commentaire. J’aime beaucoup l’idée que nos rues deviennent des galeries à ciel ouvert. Pour la publicité, je suis moins fan. Pour moi, la rue doit rester un espace de liberté qui sert de tremplin et de terrains de jeux aux artistes. J’ai peur que la publicité dénature le message des artistes. Quant aux peintures phosphorescentes, je trouve l’idée très séduisante. Tu te lances quand ?

  3. Fraud yannick dit :

    Juste pour préciser que les artistes ne peuvent s inscrire directement sur Artsper mais doivent être présentés au jury de sélection par des galeristes ou des marchands d art.

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