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Tu es passionné de photographie ou simplement curieux de découvrir les artistes qui capturent la beauté du monde à travers leur objectif ? Ne cherche pas plus loin. Dans cet épisode, je te présente David Planchenault, un photographe grenoblois qui a su transformer sa passion en art. De la photographie de paysage à l’érotique, en passant par le boudoir, son portfolio est aussi varié qu’intrigant.

Découvre comment il a commencé, ses astuces pour choisir le bon modèle, et même ses réflexions sur les réseaux sociaux. Prêt à plonger dans l’univers fascinant de David ? Lis la suite, tu ne seras pas déçu. Et n’oublie pas, tu as aussi la possibilité de plonger dans mes autres interviews fascinantes avec :

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Présentation de David Planchenault

Peux-tu te présenter en quelques lignes pour ceux ou celles qui ne te connaîtraient pas encore ?

Hello, je suis David Planchenault, photographe grenoblois.

Je commence la photo en 2016. Mon apprentissage débute par le paysage et la nature morte, mais très vite mon désir de photographier l’humain me rattrape. Mon travail se tourne alors vers la photographie de spectacle, principalement de concerts. De cette manière, je travaille le portrait tout en évitant de me confronter à mon syndrome de l’imposteur. Je n’ai pas besoin de demander à des personnes de poser pour moi, et je n’ai pas d’obligation de rendu.

Par la suite, je me lance réellement et je me dirige vers la photographie intime sous toutes ses formes, du portrait à l’érotique, en passant par le boudoir et le nu. Seul ou à plusieurs. En plus de la photographie intime, je continue les escapades en nature et je travaille des projets plus personnels sur les thématiques diverses comme les émotions, la solitude, le souvenir…

Présentation de David Planchenault

Ton rapport à la photographie

Peux-tu nous raconter comment tu as commencé la photo ?

Je souhaitais apprendre à dessiner afin d’illustrer des textes que je partageais sur un blog (slimfly.over-blog.fr). Effectivement, étant un fan de bande dessinée, j’aime particulièrement les illustrations. Mais j’ai très vite compris que le niveau que je souhaitais allait être très long à atteindre. J’ai donc décidé d’essayer la photographie. L’apprentissage est aussi long, mais le rendu est immédiat, et il est plus facile d’obtenir quelque chose de correct, même par accident. Finalement, la photographie a pris le pas sur l’écriture et aujourd’hui c’est une activité à part entière.

Comment David a appris la photo ?

Comment as-tu appris la photo ?

Pour la partie technique, j’ai appris la photo de manière autodidacte. J’ai principalement regardé des tutoriels sur le web, j’ai réalisé 2 workshops, et quelques rencontres avec d’autres photographes. Je pense que mon apprentissage s’est aussi nourri de mes nombreuses lectures de BD. Pour l’inspiration, je fonctionne beaucoup à l’intuition, mes envies partent plus souvent d’un sentiment ou d’une émotion plutôt que d’une véritable idée.

Comment définirais-tu ton travail ?

Je dirais que mon travail photographique est varié, inclusif et naturel. J’aime travailler avec des personnes très différentes. Ces derniers temps j’ai appris à adoucir mon travail en me lançant dans le boudoir, même si j’aime toujours réaliser des images brutes. Il est aussi cathartique lorsqu’il s’agit de projets personnels. Travailler sur les émotions, le genre, la solitude, le souvenir… ce sont des thématiques qui me font avancer. Je cherche à me développer sur une partie prestation et une partie exposition de projets.

Combien de temps David Planchenault passe par mois à shooter ?

Combien de temps passes-tu par mois à shooter ?

Si on compte toute l’activité photographique, (communication, relations, préparation, séances, tri, traitement, partage…), cela doit me prendre entre 20h et 40h par mois.

Comment choisis-tu tes modèles ? Tes lieux de shoots ?

Il y a différentes situations, je peux être sollicité pour un shooting. S’il s’agit d’une prestation alors j’accepte absolument tout le monde, il n’y a aucun critère. Concernant les collaborations, cela peut être des personnes qui viennent avec une idée qui apportera quelque chose en plus à ce que je réalise déjà ou des personnes qui pourraient m’apporter une visibilité importante et intéressante. Sinon, je peux solliciter des personnes, cela peut-être des ami.e.s, des personnes avec des profils différents de ce que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent, des personnes qui m’inspirent…

Peux-tu nous décrire le déroulement d’un shooting ? As-tu des astuces pour mettre à l’aise tes modèles ?

C’est une description assez longue. Je vous invite à aller voir la page de mon site où j’explique en détail le déroulement d’une séance boudoir (dppboudoir.fr/seance).

Pour la faire rapide :

  1. Discussion en amont pour poser le projet, les points de vigilance et parfois les limites.
  2. Le jour J, discussion autour d’un thé ou café pour se rencontrer.
  3. Début de la séance avec des portraits classiques, histoire de s’échauffer.
  4. Réalisation des photos du projet.
  5. Petit retour sur la séance.

Quels conseils donnerais-tu à un.e photographe débutante ?

Prendre le temps de réfléchir aux raisons pour lesquelles on veut faire de la photographie. S’il s’agit de photographier des gens, commencer par la photographie intime n’est pas une bonne idée, cela peut être très difficile à réaliser. Concernant les modèles, je conseille de commencer avec des amis, ou de se tourner vers des associations et des clubs photo. Démarcher des modèles installé.e.s sans avoir de matière à montrer cela peut être très désagréable pour son ego et le faire avec des photos pas assez travaillées aussi.

Et ensuite, faire des photos, plein de photos, trier les photos, traiter les photos, recommencer, critiquer son travail, accepter de se planter, recommencer, se confronter…

Qui sont les photographes qui t’inspirent ?

Peux-tu nous partager ta meilleure expérience de shooting ?

Le jour où j’ai réalisé les 1ers portraits de ma copine alors qu’elle avait extrêmement peur de l’exercice. Ses larmes de joie lorsqu’elle a posé ses yeux sur le boîtier…

Ta pire expérience (Il n’y a pas d’obligation, c’est comme tu veux) ?

Je n’ai pas eu d’expérience véritablement désagréable. Pour donner une anecdote, une fois où nous avions conclu un accord pour une collaboration, la modèle devait apporter des tenues que je n’avais jamais photographiées. Finalement, elle est venue sans et la séance s’est donc transformée en une prestation qui ne m’a absolument rien apporté.

Quel photographe me conseillerais-tu d’interviewer ? Quel.le modèle ?

Pour les photographes :

Pour les modèles :

Ton rapport aux réseaux sociaux

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Comment les utilises-tu ?

J’utilise énormément les réseaux sociaux. J’aime beaucoup cet outil. J’y trouve le moyen de partager mon travail, de rencontrer des collaborateurs, de la validation sociale bien évidemment. Dans mon emploi principal, je travaille sur des sensibilisations et de l’éducation au numérique. Je suis donc au fait des techniques de rétention utilisées par ces outils et, je dois bien avouer être parfois en pleine dissonance cognitive avec les réseaux sociaux.

Combien de temps en moyenne chaque jour ?

Certainement trop, plusieurs heures, je ne veux pas regarder. Je vais culpabiliser.

Ton réseau social préféré ? Pourquoi ?

Instagram, car c’est le réseau social de l’image. Je suis déçu du chemin qu’il emprunte, il se rapproche trop de TikTok, mettant principalement en avant la vidéo… Je regrette aussi la censure qui est bien trop présente, et les mystères de cet algorithme. Mais pour le moment, j’ai l’impression qu’il n’y a rien d’aussi populaire et ergonomique qu’Instagram pour la photographie.

Que penses-tu de Pinterest ? Comment l’utilises-tu ?

C’est un réseau très intéressant pour s’inspirer et réaliser des moodboard. J’essaie de l’utiliser plus régulièrement.

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Ton rapport au voyage

Tes 3 coups de cœur en France ? Pourquoi ?

  • En Bretagne, longer la côte sauvage.
  • Les montagnes des Alpes.
  • La Provence-Alpes-Côte d’azur.

À l’étranger ?

L’Irlande.

Comment prépares-tu tes voyages ? As-tu des rituels avant de partir ?

C’est très variable. Cela peut être une préparation minutieuse, avec un planning des visites et des activités, tout comme un départ en détente sans aucune organisation sauf le logement et le déplacement.

Ton prochain projet de voyage ? Pourquoi ?

Il n’y a rien d’organisé, peut-être en Bretagne à l’été 2023, pour redécouvrir l’endroit et le partager avec mon amoureuse.

La carte blanche de David Planchenault

Le monde a peur. Les gens ne savent pas de quoi demain sera fait. C’est inquiétant d’avancer à l’aveugle, sans savoir où nous allons. Celui qui, jusqu’à aujourd’hui, avait la chance de connaître son avenir doit être bien déboussolé.

Chaque matin, doucement, le brouillard se lève. Il caresse la montagne. La forêt se laisse embrasser et les feuilles frissonnent au passage de cette brume épaisse. Jusqu’au sommet, le massif se pare d’une étoffe de fantôme. C’est à ça que ressemble le monde. Chaque jour, il s’agit de pénétrer cette étrange opacité et de naviguer sans boussole entre les sapins et les épicéas. Il devient vital de suivre l’inspiration de cet horizon imperceptible tout en devinant le souffle insidieux des falaises et du vide.

Faisant parfois fit du danger, virevoltant sur les crêtes tel un funambule entre les plumes, chacun de nos pas est un saut vers l’inconnu et l’inattendu. D’une seconde à l’autre, tout peut changer. Les minutes se jouent de nous et les heures nous aspirent. Nous nous réveillons le matin dans la chaleur et la douceur. Les yeux plongés dans ses pupilles dont la lueur fleurie. Nous nous couchons le soir même, seul, dans un sac mortifère, le visage appuyé sur un délicat coussin de pétales dorés. Nous fermons nos paupières en espérant qu’au réveil le sentier emprunté soit plus clément. Quel a été l’instant décisif ? Le moment exact où notre bonheur s’est joué s’est montré discret.

Dans les ombres, entre la bruine et les branchages, au travers de cette épaisse fumée qui recouvre le bois, comment pouvons-nous savoir où nous mène notre chemin ? La destination n’existe pas. Il s’agira simplement de s’asseoir, seul, au pied du plus bel arbre qui soit, et las, nous attendrons la nuit.

Où retrouver David Planchenault ?

Tu peux retrouver David Planchenault sur :

À toi, une question à poser à David Planchenault ?

Merci d’avoir suivi cette passionnante conversation avec David Planchenault. Son parcours et ses réflexions nous rappellent que la photographie est bien plus qu’un simple clic. C’est un art, une science et une fenêtre sur l’âme. Si cette interview t’a inspiré ou simplement piqué ta curiosité, n’hésite pas à suivre David sur ses réseaux sociaux et à découvrir ses œuvres. Et bien sûr, reste à l’affût pour nos prochaines interviews qui promettent d’être tout aussi captivantes. À très bientôt !

Avec David Planchenault, Photographe Grenoblois